La responsabilité sociale des entreprises (RSE) s’impose aujourd’hui comme un pilier du développement durable en entreprise. Sous la pression croissante des enjeux environnementaux, des préoccupations sociales et des attentes des parties prenantes, la durabilité est devenue un impératif stratégique.
Pour répondre à ces nouvelles exigences, de nombreuses organisations ont choisi de nommer un Responsable RSE chargé de piloter leur démarche RSE. Mais faut-il vraiment créer un poste dédié ? Entre nécessité stratégique et effet de mode, la question mérite débat.
Nommer un Responsable RSE, une nécessité stratégique
1/ La RSE ne s’improvise plus
La RSE est désormais un domaine technique, exigeant et normé. La directive CSRD, les objectifs de développement durable (ODD) et la norme ISO 26000 imposent un cadre précis aux entreprises.
Cette technicité requiert une véritable expertise, allant au-delà de la simple bonne volonté. Le Responsable RSE doit maîtriser les subtilités des cadres réglementaires comme la CSRD, comprendre les méthodologies de mesure d'impact (bilan carbone, analyse du cycle de vie), et savoir traduire ces impératifs en une stratégie d'entreprise cohérente et mesurable. Sans cette connaissance approfondie, la démarche risque de se limiter à du "greenwashing" ou à des actions éparses, manquant de profondeur et d'efficacité réelle.
Par ailleurs, le Responsable RSE devient un chef de projet expérimenté, indispensable pour structurer la démarche de développement durable, coordonner les différentes parties prenantes internes et externes, et assurer le suivi du plan d’actions.
Le Responsable RSE devient finalement le pivot d’un système de management environnemental et social cohérent, garant de la performance globale et de la responsabilité sociale de l’entreprise.
2/ Donner un visage à la transformation avec un Responsable RSE
Incarner la RSE est essentiel pour ancrer une culture sociale et environnementale. Le Responsable RSE sensibilise les équipes, forme les managers, structure les politiques RSE et traduit les enjeux du développement durable en actions concrètes.
Il agit à la fois comme consultant en développement durable et comme animateur du changement organisationnel. Sans lui, les démarches de responsabilité sociale restent souvent éparses : une charte éthique ici, un bilan carbone là, un rapport RSE confidentiel.
Nommer un Responsable RSE, c’est articuler une vision commune et mettre en œuvre une démarche de développement claire, mesurable et opérationnelle.
3/ Le responsable RSE : un levier d’image et de performance
Le poste de Responsable RSE renforce la stratégie de développement durable et la crédibilité de l’entreprise.
Il garantit la cohérence entre les engagements pris - politique de développement durable, labels ou certifications - et les pratiques socialement responsables mises en place. Il contribue également à la notation extra-financière et à la communication responsable, éléments de plus en plus scrutés dans les rapports RSE et les rapports de développement durable.
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Non : la RSE ne doit pas devenir l’affaire d’un seul
1/ Le risque de déresponsabiliser l’organisation
Nommer un Responsable RSE peut aussi créer une forme de dépendance. Trop souvent, le reste de l’organisation se désengage : “La RSE, c’est son métier”. Or, la responsabilité de l’entreprise ne peut être déléguée. La RSE et le développement durable doivent irriguer toutes les fonctions : production, achats, RH, management environnemental, communication responsable. Une entreprise socialement responsable est celle où chaque collaborateur intègre les préoccupations sociales et environnementales dans ses décisions quotidiennes.
La durabilité devient alors un principe du développement durable partagé, non un périmètre réservé.
2/ Une question de ressources et de maturité
Dans les PME ou les structures émergentes, créer un poste dédié n’est pas toujours réaliste. Ces entreprises préfèrent souvent une approche collective : un comité RSE transverse, un référent interne, ou une démarche d’amélioration continue menée par la direction générale. Ce modèle permet d’engager dans une démarche pragmatique, adaptée à leurs activités et à leurs moyens. Ici, la RSE s’inscrit davantage dans une logique d’entreprise responsable, axée sur le management opérationnel, la gestion des ressources et la réduction des impacts environnementaux. Une dynamique souvent plus sincère, moins administrative, et plus connectée aux réalités du terrain.
3/ Un rôle qui doit évoluer
Même dans les grandes structures, la fonction RSE doit éviter la dérive bureaucratique. Si elle se limite à un reporting RSE ou à la compilation d’indicateurs, elle perd son sens. Certaines organisations font évoluer la fonction vers des postes plus transverses : directeur du développement durable, responsable développement durable, ou encore direction du développement durable rattachée au comité exécutif.
L’objectif est clair : passer d’une approche de conformité à une stratégie de développement intégrée, où la durabilité devient le moteur de la performance économique et de la performance durable.
Ni gourou, ni gadget : la RSE doit avoir un visage et une culture
Alors, faut-il nommer un Responsable RSE ?
Oui, si l’entreprise souhaite structurer sa démarche de responsabilité sociale et environnementale, professionnaliser son plan d’actions, et aligner ses engagements avec les référentiels internationaux comme le pacte mondial des Nations Unies ou la norme ISO 26000.
Non, si cela conduit à isoler la RSE du cœur de leurs activités et des différents services.
La clé n’est pas de déléguer la responsabilité, mais de promouvoir la responsabilité.
Une entreprise durable est celle qui associe un leadership clair - incarné par un Responsable RSE - et une culture de développement responsable partagée par tous.
Le Responsable RSE n’est pas un sauveur : il est un chef d’orchestre, un facilitateur, un passeur de sens.
C’est en ce sens que sa mission prend toute sa valeur : non pas porter la responsabilité à la place des autres, mais aider chacun à la prendre.
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